Le PROCOMPITE en 5 questions

Pedro Rodriguez 17 novembre 2015

s-valdivieso-3
Entrevue avec Sébastien Valdivieso, directeur de projet

C’est le début d’une série d’articles mettant en vedette les directeurs de projets de SOCODEVI sur le terrain. Pour cette première édition, notre responsable des communications, M. Pedro Rodriguez, s’est rendu en Colombie et a eu l’opportunité de s’entretenir avec M. Sébastien Valdivieso, directeur du PROCOMPITE (Projet de renforcement de la compétitivité des entreprises associatives rurales).

Quel est l’objectif du PROCOMPITE?
Sébastien Valdivieso : «Le projet vise à changer la vie des familles membres de 25 organisations coopératives et associatives en Colombie. Avec le soutien financier du gouvernement canadien et de partenaires du secteur privé, nous travaillons pour que ces organisations deviennent des entreprises performantes dans leurs marchés et qu’elles puissent y faire des affaires rentables pour leurs membres. Bref, notre recette est de renforcer le volet entrepreneurial coopératif pour améliorer la qualité de vie des gens.»

Quels ont été les défis jusqu’à maintenant?
SV : «La Colombie est un nouveau pays d’intervention pour SOCODEVI. Nous ne sommes pas encore connus ici, en comparaison avec le Pérou et la Bolivie, des pays dans lesquels nous sommes présents depuis 30 ans. Dans ce contexte, mettre en place une initiative comme le PROCOMPITE n’est pas une mince affaire. Peu à peu, nous avons réussi à surpasser les obstacles bureaucratiques, à faire nos preuves auprès des partenaires locaux et, surtout, à nous adapter à la réalité colombienne.»

Dans quel contexte se déroule le projet?
SV : «Au cours de ma carrière avec SOCODEVI, j’ai travaillé dans plusieurs pays en Amérique latine et je peux vous dire que la Colombie est un pays très particulier dans cette région. Je n’avais jamais vu autant de contrastes et différences entre les classes sociales et économiques, les inégalités ici sont vraiment immenses.

De plus, ne l’oublions pas, c’est un pays en guerre depuis près d’un demi siècle. Nous travaillons dans des régions qui ont subi et qui subissent encore aujourd’hui les effets de ce conflit et nous aidons des populations parfois durement éprouvées. En tant que directeur de projet, c’est la première fois que je dois travailler dans un tel environnement.»

Quels sont les résultats?
SV : «En seulement une année et demie d’activités, l’une des principales réussites du PROCOMPITE est d’avoir établi des ententes de collaboration avec des entreprises privées colombiennes pour travailler ensemble en utilisant l’approche de SOCODEVI. Faire accepter notre vision de la responsabilité sociale et du développement économique durable, c’est un grand pas pour nous et pour les communautés que nous appuyons qui voient déjà des changements dans leur vie.»

Une anecdote marquante dans votre expérience colombienne?
SV : «Ce qui m’a touché le plus depuis mon arrivée en Colombie, c’est définitivement mon séjour dans la région de Catatumbo, une région où les conditions de vie sont très difficiles et où la présence de groupes armés est quelque chose de courant. Dans ce contexte, c’est surtout l’expérience vécue lors de la visite d’une famille de producteurs de cacao, des agriculteurs très pauvres, qui m’a renversé. Les gens nous ont accueillis chaleureusement, ils ont été d’une générosité que j’ai rarement vue malgré le fait qu’ils n’avaient que du maïs et quelques pommes de terre à offrir.

Une fois que la glace a été brisée et que nous parlions plus en confiance, j’ai été bouleversé d’apprendre qu’ils avaient été témoins de la mort de proches dans des terribles massacres.  Je leur ai donc demandé : après toute cette violence vécue d’aussi proche, pourquoi vous faites encore confiance aux gens pour les accueillir comme vous m’accueillez aujourd’hui? Leur réponse a été très claire : «parce qu’il y a quelque chose que la violence ne nous a pas enlevé et c’est l’espoir d’un monde meilleur.»

Partagez cette information!
    Webzine Socodevi - 2017 © Tous droits réservés